06 avril 2008
Rappel de la situation des TZR par le responsable de la Section emploi du SNES national
À la suite d'un échange assez vif sur la question des TZR dans les pages de l'US, on a pu trouver dans le numéro 665 du 5 avril la mise au point suivante :
« La publication récente de courriers des lecteurs, contradictoires sinon polémiques, sur la situation des TZR
(L’US Magazine n°s 661 et 663 des 5 janvier et 23 février derniers), nous amène à revenir sur ce sujet et sur le système de remplacement dans le second degré.
DE QUOI PARLE-T-ON ?
Le système de remplacement des enseignants dans le second degré est très mal en point. Le remplacement est un besoin permanent du service public: il devrait à ce titre être assuré par des personnels titulaires, en nombre suffisant (6à 7% des effectifs des personnels en poste selon les critères mêmes du ministère), formés et volontaires dans toute la mesure du possible, exerçant des missions de remplacement dans des conditions de service pédagogiquement, matériellement et humainement correctes.
Chacun sait qu’on est très loin du compte:
nombre de remplacements ne sont pas assurés par manque de personnel. L’administration tente de boucher les trous en utilisant la précarité (contractuels, vacataires... aux conditions de travail, d’emploi et de salaire très souvent inadmissibles) et en cherchant à développer la flexibilisation de la situation de tous : cf. les décrets «Robien» sur le remplacement «à l’interne», dont nous avons globalement et collectivement jusqu’ici, par l’action syndicale établissement par établissement, mis en échec l’application.
DES COLLÈGUES TRÈS MALTRAITÉS
Dans ce cadre, les collègues nommés en zone de remplacement (les TZR) sont particulièrement maltraités. Ils sont environ 30000, mais 60% d’entre eux sont affectés à l’année – AFA, sur des agrégats de blocs horaires et de moyens provisoires, souvent placés dans des situations professionnelles et personnelles insupportables, «à cheval» sur deux ou trois établissements (la moitié des AFA), y compris avec des services «polyvalents» au mépris de la qualification et de la qualité de l’enseignement délivré. Les 40% restants sont disponibles pour des remplacements de courte et moyenne durée au long de l’année scolaire, soit un volume global d’environ 12 000 collègues.
Dans ce tableau général, les inégalités numériques sont très importantes selon les académies. Partout l’on constate que l’administration utilise les TZR comme variable d’ajustement:
1. En gestion de mouvement (moins il y a, à l’intra, de postes complets disponibles en établissement, plus il y a création de postes de TZR, auxquels seront dévolus les agrégats de blocs horaires, cf. ci-dessus) ; c’est ainsi que plus de la moitié des TZR ne sont pas des «nouveaux enseignants», mais des collègues expérimentés, victimes du système de mutation en deux temps «à l’aveugle», devenus TZR par manque de poste.
2. En gestion de la pénurie budgétaire générale qui frappe l’ensemble du système éducatif. Indépendamment de toute considération de qualité de l’enseignement, est utilisé «l’indicateur de performance» de la loi de finance, intitulé «Taux de rendement du remplacement» (Programme 141, indicateur 6.4), simple ratio «journées de remplacement effectuées par le potentiel de remplacement / nombre de journées réalisables par ce même potentiel ». On frise actuellement les 90% de rendement.
Cette formule d’une technocratie achevée masque le mépris de l’acte pédagogique, complexe, de remplacement, et surtout les conditions de travail déplorables faites aux TZR: pressions de toute sorte, appels téléphoniques, remplacement au pied levé sans préparation... En bref, une politique du citron à presser.
NÉCESSITÉ DE LA DÉFENSE SYNDICALE ACTIVE ET COLLECTIVE
Les enjeux syndicaux sont essentiels. Si on laisse collectivement les TZR être maltraités ainsi, il ne faut pas être grand clerc pour voir que tous, TZR ou titulaire en établissement, passeront irrémédiablement dans la même casserole de la flexibilité, des services définis localement, de la disponibilité à toute heure du jour et de la nuit, et du cours au pied levé sur un simple coup de fil... Tous maîtres Jacques?
Les collègues TZR sont très souvent isolés, peu intégrés aux équipes, et c’est structurel. L’attention à leur situation, la solidarité à leur égard est un devoir syndical collectif, dans chaque établissement, chaque académie. Le SNES s’honore de ses mandats en la matière; s’atteler à leur mise en œuvre n’est certes pas chose facile. Mais il est clair qu’ensemble, on se protège tous mieux.
Christophe Barbillat »
17 décembre 2007
La circulaire rectorale de Montpellier sur les TZR
Gare aux TZR de l'académie car la circulaire rectorale avalise, généralise et systématise toute une suite de décisions arbitraires prises dans cette académie et ailleurs. Le décret de 1950 est plus que jamais piétiné tout comme celui de 1999. Lire :
« 1/ Votre mission de suppléance
Votre affectation en qualité de titulaire en zone de remplacement vous donne pour mission de suppléer les personnels qui, pendant l’année scolaire 2007/2008, seront amenés à s’absenter, quels que soient le motif de cette absence et la durée du remplacement à assurer.
Au cours des suppléances successives pour lesquelles mes services vous solliciteront par l’intermédiaire de votre chef d’établissement de rattachement, vous assurerez l’intégralité du service des professeurs que vous remplacerez.
Pour chaque heure effective excédant les obligations de service hebdomadaires qui selon votre corps d’appartenance vous incombent statutairement, vous percevrez une indemnité horaire calculée selon les modalités prévues à l’article 5 du décret n° 50-1253 du 6 octobre 1950 modifié fixant les taux de rémunération des heures supplémentaires d’enseignement effectuées par les personnels enseignants du
second degré.
Dès que votre affectation vous aura été notifiée, vous devrez vous rapprocher de l’établissement désigné. Un temps de préparation préalable à l’exercice de votre mission pourra alors vous être accordé, pour une durée maximale de 48 heures.
Les remplacements pour lesquels vous serez désigné interviendront dans des établissements de la circonscription de votre zone de remplacement.
Vous pourrez toutefois, selon les nécessités du service, être conduit à effectuer des remplacements dans des établissements d’une zone limitrophe à celle où vous êtes titulaire d’un poste.
La composition des zones de remplacement telle qu’elle a été arrêtée après avis du comité technique paritaire académique est publiée dans le répertoire académique des établissements d’enseignement du second degré (édition du mois de mars 2007 – titre IV) et présente en annexe.
Comme le permet la règlementation, je pourrais être amené à vous solliciter :
- dans une discipline voisine de la vôtre quand le besoin d’enseignement ne sera pas totalement satisfait par des titulaires de la discipline ; l’avis des corps d’inspection sera alors recueilli,
- dans un autre type d’établissement que celui qui correspond à votre corps, par exemple PLP bivalents en collège, certifiés ou agrégés en lycées professionnels.
Dans l’hypothèse où, après la date effective de la rentrée scolaire des personnels enseignants, vous feriez l’objet d’une affectation en suppléance d’un professeur absent ou d’une affectation sur poste vacant hors de votre établissement de rattachement, vous vous bénéficierez à l’occasion de chaque intervention en suppléance d’une indemnité journalière de sujétions spéciales de remplacement, en application des dispositions du décret n° 89-825 du 9 novembre 1989.
2/ Vos attributions au sein de votre établissement de rattachement
Dans l’intervalle des remplacements, vous serez chargé par votre chef d’établissement de rattachement d’assurer des activités de nature pédagogique conformes à votre qualification : activités dans le domaine des TICE, aide individualisée aux élèves, aide aux élèves en difficulté, remplacement de courte durée, assistance aux personnes handicapées, assistance aux personnels en difficulté, assistance au chef des travaux, aide aux corps d’inspection, participation aux actions du projet d’établissement, aux activités de documentation, aux activités de prévention, aux activités d’orientation, aux actions du bassin de formation, aux activités culturelles ou scientifiques en relation avec votre discipline dans la limite de votre obligation de service statutaire. »
On en débat sur le forum évidemment :
le lien sur le forum
16 mai 2007
La pétition pour soutenir Gaëlle
La voici. Pour la renvoyer, envoyer un courriel à tzrencolere/no-log.org en remplaçant le « / » par « @ »
17 avril 2007
Lettre au recteur de Toulouse sur les déplacements des TZR
Syndicat national des salarié de la fonction publique
Adresse postale
La Carrère
31 390 Bois de la Pierre
Adresse électronique
contact@snsfp.org
Site Web
http://www.snsfp.org
Damien Racca,
président du SNSFP
A l'attention de monsieur le recteur de l'académie de Toulouse
À propos de l’indemnité
de sujétions spéciales
de remplacement (ISSR)
Je viens par la présente vous exposer, au nom du SNSFP, plusieurs remarques à propos du courrier adressé à mesdames et messieurs les chefs d'établissement du second degré concernant l’ISSR, courrier joint en annexe.
Première chose, le SNSFP formule, de nouveau, son opposition à la proratisation de l'ISSR, c'est-à-dire à son versement pour les jours travaillés uniquement.
En effet, sous sa forme proratisée, cette indemnité devient souvent inférieure aux sommes perçues par un titulaire sur zone de remplacement (TZR) affecté à l'année. Ce dernier a alors droit à :
• être remboursé de ses frais de transport1, sur la base du forfait kilométrique correspondant
à l'usage de son véhicule personnel si l'usage des transports en commun
n'est pas compatible avec l'emploi du temps confié ;
• être remboursé de ses frais supplémentaires de repas ;
• obtenir une heure de réduction de service pour un éventuel service partagé dans trois établissements ou dans deux établissements situés dans des communes non limitrophes et lorsque le temps de trajet hebdomadaire dépassant le temps de trajet habituel (entre la résidence familiale et l’établissement d’affectation principale) est supérieur à deux heures ;
Un remplacement de courte ou moyenne durée dans un établissement situé à moins de 10 km de l'établissement de rattachement administratif donne ainsi droit à une ISSR inférieure au seul remboursement des frais supplémentaires de repas… Dans ces conditions il semble relativement clair que le texte a été détourné de son esprit.
Malgré une décision récente du tribunal administratif de Poitiers allant dans le sens de la proratisation de l’ISSR, le SNSFP entend saisir le tribunal administratif de Toulouse sur le même thème. Il s'agira, en accord avec l'esprit même du décret n°89-825 du 9 novembre 1989, de réclamer le versement de l'ISSR pour l'ensemble des journées incluses dans un remplacement, qu'elles soient travaillées ou pas.
1 décret n°2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les
déplacements temporaires des personnels civils de l'Etat
2 décret n°2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les
déplacements temporaires des personnels civils de l'Etat
3 Circulaire n° 75-193 du 26 mai 1975 relative à la procédure de réduction des obligations de service pour certaines catégories de personnels enseignant du second degré.
Le caractère journalier de l'ISSR ne peut en effet être considéré comme lié au fait que les sujétions ne s'expriment que lors des trajets effectués. Il est facile de justifier cette position. Notamment d'un indiquant qu’un TZR affecté à l'année en dehors de son établissement de rattachement administratif est lui aussi sujet à supporter de tels déplacements sans pour autant que lui soient reconnues les sujétions ouvrant droit au versement de l'ISSR. Le caractère journalier de l'ISSR s'explique par le fait que les remplacements de courte ou moyenne durée ne sont pas susceptibles de justifier l'attribution d'une indemnité annuelle puisque leur durée cumulée peut-être largement inférieure à une année. Le fait que sous sa forme proratisée l'ISSR est souvent inférieure au seul remboursement des frais de déplacement semble appuyer que cette interprétation est la plus conforme à l'esprit du texte. En faisant remarquer que ces arguments de bon sens n’ont, semble-t-il, pas été développés dans le cadre des recours précédents.
Autre point de désaccord : vous distinguez dans votre courrier affectation en suppléance et affectation pour occuper un poste vacant de l'année.
Circulaire du 17 novembre 1950 – Rémunération des heures supplémentaires pour le personnel enseignant et de surveillance (application du décret n° 50-1253 du 6 octobre 1950).
Un fonctionnaire effectue un service supplémentaire lorsque, au cours d’une semaine, le nombre d’heures effectuées est supérieur à celui dont sont redevables les fonctionnaires de son grade. Lorsque ce dépassement est exceptionnel et dû à une cause passagère, telle que l’absence d’un collègue, le fonctionnaire effectue une suppléance. Au contraire, lorsque le dépassement est régulier pendant la durée de l’année scolaire, le fonctionnaire effectue des heures supplémentaires.
En établissant cette distinction, vous commettez, me semble-t-il, une erreur d'interprétation des textes (certains, après avoir constaté la propension marquée du rectorat à s'affranchir des textes, pourraient même conclure qu'il s'agit plus vraisemblablement de dénaturer consciemment ces textes pour dépouiller les TZR de leurs droits légitimes…). En effet une suppléance ne s'apprécie pas par rapport à la nature du poste pourvu (comme vous l’affirmez) mais par rapport à la façon de pourvoir ce poste.
Décret n°89-825 du 9 novembre 1989 portant attribution d'une indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré.
Article 2
L'indemnité prévue à l'article 1er ci-dessus est due aux intéressés à partir de toute nouvelle affectation en remplacement, à un poste situé en dehors de leur école ou de leur établissement de rattachement. Toutefois, l'affectation des intéressés au remplacement continu d'un même fonctionnaire pour toute la durée d'une année scolaire n'ouvre pas droit au versement de l'indemnité.
[…]
Cette erreur d'interprétation est susceptible d'avoir de fâcheuses conséquences pour certains TZR. Un poste vacant à l’année peut être pourvu durant l’année successivement par plusieurs TZR. Si cette situation est encore peu fréquente, la « gestion des ressources humaines » du rectorat de l’académie de Toulouse (gestion des ressources humaines qui n'a le plus souvent d'humaine que son nom), du fait des conditions d'exercice parfois déplorables qu'elle impose aux TZR, est susceptible de la rendre beaucoup plus fréquente. Notamment lorsque le TZR en place, à bout de forces, sera forcé d’accepter un arrêt de travail. Si le poste est vacant à l'année, les TZR ne seront toutefois pas affectés au remplacement continu d'un même fonctionnaire pour toute la durée de l'année scolaire. Vous conclurez, selon les termes de votre courrier, qu'il ne s'agit pas d'une suppléance et que l'ISSR ne devra donc pas être versée. Nous conclurons, selon les termes du décret n°89-825 du 9 novembre 1989 qu'il s'agit bien d'une suppléance et que l'ISSR devra être versée. Un TZR débutant un remplacement après le jour de la rentrée scolaire sur un poste vacant à l'année ouvrirait selon les termes du décret droit au versement de l'ISSR. Pas selon les termes de votre courrier. Et cette situation est plus fréquente que la situation précédente (si fréquente qu’ellle explique, dans certaines académies, que le rectorat recoure à des arrêtés antidatés pour y faire face. Cette pratique ne semblant d'ailleurs pas étrangère au rectorat de l'académie de Toulouse). Bref, le décret définissant l'ISSR ne parle pas de suppléance. Il ne s'agit aucunement de se poser la question de savoir si le poste occupé est vacant à l'année ou pas. Il s'agit de savoir si le titulaire sur zone de remplacement occupe ce poste à l'année ou pas, et de façon continue. Il n'est donc pas utile d'introduire le terme de « suppléance », d'autant que ce terme revêt des acceptions multiples.
Nous regrettons également que vous n'ayez pas indiqué explicitement dans ce courrier que l'ISSR a vocation à être versée mensuellement. À ce propos, nous vous faisons remarquer que les délais de versement de l'ISSR sont loin d'être respectueux des TZR. Personnellement, j'ai dû attendre cette année six mois environ le versement de l'ISSR (et je ne suis toujours pas sûr qu'elle ait été versée intégralement). Nous encouragerons dans les prochaines semaines les TZR a systématiquement demander le paiement des intérêts légaux sur les sommes dues, dès le premier mois de retard. Et de procéder à un recours auprès du tribunal administratif pour dénoncer ces retards.
Nous regrettons également qu'aucun document ne soit envoyé au TZR pour lui expliquer clairement comment a été calculée la somme qu'il a reçue (ou qu'il espère recevoir, un jour...). Un document indiquant notamment le nombre de jours pris en considération. En effet certaines journées travaillées mais hors emploi du temps (réunions, remplacements de courte durée, etc.) donnent droit au versement de l'ISSR mais elles ne sont pas toujours prise en compte. Il est d'ailleurs regrettable que votre courrier ne fasse nulle mention explicite du fait que les journées travaillées hors emploi du temps ouvrent droit au versement de l'ISSR.
Vous précisez en revanche que dans le cas où le remplacement nécessite des déplacement journaliers entre différents établissements, il y a lieu de prendre en compte la distance séparant l'établissement de rattachement administratif de l'établissement le plus éloigné. Cette pratique ne nous semble pas satisfaisante. En effet rien ne dit que l'établissement de rattachement administratif ne se situe pas entre les deux établissements d'exercice. Dans ce cas, le TZR parcours une distance bien supérieure à la distance établissement de rattachement administratif-établissement d'exercice le plus éloigné. Nous demanderons donc dans ces cas particuliers que soit prise en considération la distance moyenne parcourue dans la semaine.
Vous précisez également que l'ISSR ne peut être cumulée avec le remboursement des frais de déplacement alloués au même titre. Nous nous accordons sur cette interprétation.
Décret n°89-825 du 9 novembre 1989 portant attribution d'une indemnité de sujétions spéciales de remplacement aux personnels assurant des remplacements dans le premier et le second degré
Article 5
L'indemnité de sujétions spéciales de remplacement prévue par le présent décret est exclusive de l'attribution de toute autre indemnité et remboursement des frais de déplacement alloués au même titre.
En revanche vous ne précisez pas que cette indemnité est tout à fait compatible avec l'attribution d'une réduction de service d'une heure pour service partagé dans des établissements situés dans des communes non limitrophes et augmentant le temps de trajet habituel d'au moins deux heures par semaine.
Circulaire du 1er décembre 1950
Maxima de service du personnel enseignant de l'enseignement du second degré.
[…]
Quant aux fonctionnaires qui sont appelés à enseigner dans deux établissements situés dans des localités différentes, ils peuvent prétendre, sauf s'il s'agit de deux localités limitrophe ou de deux localités de la Seine, au remboursement des frais exposés, conformément aux dispositions de la circulaire du 25 mai 1950. En outre, ils peuvent éventuellement bénéficier, par décision ministérielle, d'une réduction de service d'une heure. Cette heure de réduction de service ne fait que compenser le supplément de travail que représente l'enseignement dispensé dans le cadre d'un service partagé entre différents établissements. Il ne s'agit pas d’un remboursement des frais de déplacement (la circulaire est à ce titre très claire). Or vos services refusent actuellement l'attribution de cette heure de décharge (je fais d'ailleurs personnellement les frais de cette décision). Nous allons donc, une fois de plus, susciter des recours contentieux pour réclamer l'attribution de cette heure de réduction de service.
Nulle mention non plus dans cette lettre du fait qu’une partie au moins du temps de trajet des TZR percevant l’ISSR doit faire l'objet d'une rémunération (ou d'une réduction de service proportionnelle à ce temps de trajet). Nous étudions encore la question, relativement complexe, mais nous demanderons sans doute le paiement de ce temps de trajet, soit au titre de temps de travail effectif, soit au titre de temps de trajet au sens strict. Bref, sur nombre de points le courrier adressé ne nous semble pas satisfaisant car souvent en opposition avec les textes et leur esprit.
Devant les nombreuses situations non réglementaires constatées, bien au-delà du seul cadre de l'ISSR, de nombreux recours contentieux vont être intentés afin d'obtenir, dans le cadre de la prescription quadriennale, le paiement de l'ensemble des créances sur le rectorat. Le SNSFP s'adresse dans ce cadre non pas seulement aux TZR mais à tous les enseignants ayant un service partagé. Et ils seront nombreux l'an prochain dans l'académie de Toulouse.
Ceci se traduira à terme par la demande de versement :
• de l’ISSR sous sa forme non proratisée ;
• des frais de déplacement (frais de transport, frais supplémentaires de repas et frais
d'hébergement), pour tout déplacement en dehors de la résidence familiale et de la
résidence administrative ;
• du temps de trajet excédant le temps de trajet habituel entre la résidence familiale et
l'établissement de rattachement administratif ;
• de l’heure de réduction de service pour service partagé ;
• des intérêts légaux sur les sommes dues ;
• de dommages et intérêts puisque l'absence de versement pour les sommes dues est
susceptible de causer des troubles dans les conditions d'existence des TZR (en plus des
mesures visant à confisquer les droits des TZR elles-mêmes).
Les frais de transport prendront comme référence le forfait kilométrique correspondant au véhicule personnel du TZR lorsque l'emploi du temps confié interdit l'utilisation des transports en commun.
Je tiens à préciser à ce propos que dans de nombreuse académie les TZR commencent (enfin !) à refuser de mettre leur véhicule personnel à la disposition du rectorat, devant la mauvaise foi manifeste de ce dernier en matière de versement des sommes précisées précédemment et en matière de respect des droits des TZR plus généralement. Étant donné qu’aucune obligation n'est faite dans les textes aux agents de mettre à disposition de leur employeur leur véhicule personnel, du moment que l'agent rejoint son lieu de travail habituel (dans le cadre d'un TZR, le RAD), nous soutiendrons bien entendu ces initiatives. Ou plutôt nous les encouragerons.
Les créances dans le paiement sera réclamée prendront en compte le fait que le changement d’établissement de rattachement administratif sans que ce changement émane d'une demande du TZR est illégal. Il est en effet possible de dénoncer tous les changements d’établissement de rattachement administratif survenus sans l'accord du TZR ces quatre à cinq dernières années dans le cadre de la prescription quadriennale.
Notez également que le refus que le rectorat oppose aux TZR d'honorer certaines créances sera éventuellement utilisé dans le cadre de procédures pénales pour harcèlement moral.
Le versement de l'intégralité des sommes dues est pour les TZR la seule garantie possible d'affectations dignes d'une véritable « gestion des ressources humaines ». Par exemple, le fait de ne pas prendre en charge l'ensemble des frais de déplacement engagés et la rémunération du temps de trajet explique que des les enseignants doivent parcourir cette année une centaine de kilomètres (voire plus) pour se rendre d'un établissement à l'autre (en croisant parfois, en sens inverse, un collègue de la même discipline…), alors que des compléments de service nécessitant un trajet beaucoup plus court auraient pu être attribués. Bien entendu, en niant certaines créances, cette gestion devient budgétairement rationnelle. Toutefois, dans le cadre d'un État de droit, peut-on nier les textes et leur esprit ? Et la gestion des ressources humaines n'est-elle qu'une gestion purement comptable ?
Je vous prie de croire, monsieur le recteur, en l'expression de ma plus haute considération.
Damien Racca,
président du SNSFP
06 mars 2007
Enfin une section belge
En effet les TZR en colère ont déjà essaimé en Belgique. Preuve à l'appui : 
07 février 2007
Chants de lutte
La créativité de la chorale de TZR en colère s'est encore exprimée il y a peu lors d'une réunion au Taïs. Voici quelques hymnes à faire pâlir Jean-Baptiste Clément et Eugène Pottier.
Sur l'air de « À la bastille » :
Au rectorat, on les aime bien les TZR / On leur fait vivre une belle galère / papiers antidatés / ISSR sucrées / bivalence assurée. »
Sur joyeux anniversaire : « Joyeux anniversaire / Cher ami TZR / Tu es frais diplômé / On va te bizuter / D'abord au ministère / Cher ami TZR / On te nomme titulaire / Mais sans vrai pied-à-terre / Tu vas errer sans cesse / En grand état de stress / De collèges en lycées / A toi de t'débrouiller / Sur une zone on te nomme/ Puis ton téléphone sonne / Ah monsieur dès demain, vous allez prendre le train / A quatre heures de chez vous / Des élèves sont pour vous / Pour un mois ou l'année / Parfois pour une journée / Au bahut, on t'explique / Qu'un prof de sciences physiques / Doit pouvoir assurer / quelques heures de français / Tu cherches à refuser / On ne doit enseigner / Aux élèves que c'qu'on sait / Dans leur propre intérêt / Mais tu es fonctionnaire / cher ami TZR / Donc tu dois accepter / Ou bien démissionner / Un bahut n'suffit pas / On te nomme sur trois / A toi t'démultiplier / mais on n't'en sera pas gré / Tu es bien fonctionnaire / Mais grand dieu ton salaire / Fait sourire ton banquier / Et ça va continuer / Si tu souhaites te fixer / Tu demandes à muter / Dans quinze, vingt ou trente ans / On te dira « maintenant » / Tu es souffre misère / Cher ami TZR / Mais pour te rassurer / Il y a un décret / C'est vraiment exemplaire / Tous les profs TZR / Plusieurs établissements / Bivalence à plein temps / Nombres d'heures augmentées / Pour ne pas recruter / Le savoir on s'en moque / et c'est bien c'qui nous choque / On est des professeurs / Pas des animateurs. »
Bien un disque (et un hit) en perspective !
Les logos TZR en colère en autocollants
Voici des planches de quatre logos TZR en colère, dans la perspective d'un collage intensive pour les manifestations. Le format d'étiquette est 105.0 X 148.5 mm soit quatre étiquettes par page.
Des planches du logo N&B :
Planche_de_logos_N&B
Pour les plus offensifs, des planches d'un autre logo nettement plus flamboyant :
Planche de Logos flamboyants
30 janvier 2007
Appel des TZR en colère à l'issue de l'AG nationale du 20 janvier
Voici le texte en question :
28 janvier 2007
Compte rendu de l'AG nationale des TZR au Café de l'industrie
Voici le texte en question :
25 janvier 2007
Revoir le décret de 1950 ? Chiche…
L'analyse suivante a été trouvée sur la Toile. Elle nous semble d'une pertinence remarquable :
IL FAUT REVOIR LE TEMPS DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS !
LE DÉCRET DE 1950 EST VRAIMENT TROP VIEUX !
Actuellement, le temps de travail d'un enseignant de collège ou de
lycée est de 18 heures par semaine. C'est, pour les professeurs
certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail
qui leur est demandé. Il a été fixé par une décret datant de 1950.
Rendez-vous compte ! Ce qui détermine ce qu'un enseignant doit à la
nation date de 56 ans. Il est vraiment temps de se pencher sur un
problème aussi lourd de conséquences.
18 heures par semaines ! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d'aussi bons salaires ?
Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi
avantageux ? Il faut peut-être y regarder de plus près. En fait, ce
temps a été conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heures
chez lui pour une heure
devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et
actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5
heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures
hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l'époque s'il
était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ
42 h par semaine, sur 50 semaines.
Mais que s'est-il passé depuis pour les enseignants ? Rien ! Alors
que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé
payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été
atteint au début des années 70 (elle était un droit depuis 1936). Mais
ce n'est pas fini, il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en
1982, puis les 35 heures en 2000. En somme le temps de travail
hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants
doivent toujours le même service.
C'est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes vous, en
lecteur éclairé ! Certes je l'avoue, je fais partie de ces privilégiés.
Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des
vacances ? Et bien justement, le législateur a tout prévu et cela de
deux façon. D'abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça
c'est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Car les vacances
c'est pour que les élèves se reposent. Donc notre temps de travail
était annualisé. Mais, et les deux mois d'été alors ? Là, c'est un tout
petit peu plus compliqué. Certains
enseignants ne le savent même pas, d'ailleurs. Cela se situe au
niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée
en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique
recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il
nous a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé
par 12.
(Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 par mois il
recevra 24 000 par an, mais pour la même qualification, un enseignant
recevra aussi 2000 par mois mais sur 10 mois, soit 20000 par an. Cette
somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 par mois.) Et oui chers
lecteurs les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes
vacances.
Oui bon d'accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés
que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand
même, nous ne sommes pas à plaindre ! Et bien soit, comparons. Nous
sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du
public (qu'on nous prouve le contraire). Mais l'exemple le plus
frappant pour moi de la dégradation de la valeur que la nation
accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de
départ d'un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC.
Aujourd'hui, il n'est plus que 1,2 fois plus élevé. Autrement dit si
comme le PS l'a écrit dans son projet le SMIC augmentera de 25 % au
cours des cinq ans à venir (et l'UMP l'a augmenté au même rythme annuel
dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC.
Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la
dégradation de
notre situation ?
Alors oui le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le
toiletter comme le disent nos gouvernants ! Mais dans quel sens ?
Est-ce en faisant en sorte que devions travailler plus pour gagner
autant comme veut le faire M de Robien ?
Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble











